Hors-d’oeuvre et chefs-d’oeuvre au menu de Martine Gautier

Par Jean-Louis Aubut

Ce sont tous les styles d’art, les genres d’expression et le processus de création qui l’intéressent le plus. « Oui, dit Martine Gautier, j’ai toujours aimé le côté spectacle, monter des mises en scène, dresser des décors, ça m’intéresse parce que ça fait partie de la création. »

Martine Gautier est restauratrice-propriétaire depuis une vingtaine d’années. Elle a ouvert en 1999 le restaurant Le Balzac à Granby, dans les Cantons de l’Est, et possède une autre corde à son arc. Martine est aussi artiste peintre.

Martine Gautier (Photographie : Jean-Louis Aubut)

« C’était un rêve ancré en moi depuis de longues années, raconte-t-elle. Quand je vous ai connu, je travaillais déjà dans la restauration. Et mes premières armes, je les ai faites tout à fait par hasard, lorsque mon conjoint Jean m’a proposé de faire du service de table dans un petit restaurant. Et j’ai, quand même, malgré tout, aimé ça. Vous comprenez, vous recevez les clients, vous établissez un contact avec les gens. Je crois que c’est exactement cette relation avec le public que je cherchais. »

Ses aspirations se concrétisent. Elle baptise son nouveau restaurant Le Balzac. « C’était précisément le 200e anniversaire de la naissance de l’écrivain qui est né en 1799, dit-elle, et je me suis toujours trouvé certains points communs avec Balzac. Il a écrit Les Chouans, je suis Vendéenne. Il travaillait sans relâche, puis il adorait l’art; il se ruinait pour acheter des œuvres d’art et il aimait surtout bien manger.

L’artiste peintre

Ce qu’elle peint en général, c’est l’être humain : l’existence. Il est sûr que les gens l’inspirent, il faut donc qu’elle ait un échange avec ces personnes parce que c’est la signature de sa peinture. Elle n’assume pas le vocable d’artiste parce qu’elle est modeste. Dans ses peintures, on voit souvent des personnages tristes, qui pleurent en grimaçant.

« Le 1er but, lorsque je veux créer une œuvre d’art, poursuit-elle, c’est d’aller toucher les gens avec ce que je peins. C’est de communiquer des émotions. J’ai tendance à me diriger vers le côté obscur, triste, grave des êtres humains. Je ne sais pas pourquoi. Je pense que je suis attirée par les gens qui sont vulnérables, qui sont laissés pour compte. C’est vraiment eux que j’essaie de mettre en lumière. »

Martine sait que ses peintures ne peuvent pas toucher tout le monde, mais elle se dit : « Si ça peut aller chercher l’empathie chez certaines personnes, déjà ce serait bien, sinon c’est un peu décevant. »

« Je suis sûre que nous serions dans un meilleur monde si nous agissions autrement, confie-t-elle, je ne veux pas être moraliste ni porter de jugement, je veux seulement montrer qu’il y a des gens qui souffrent, qu’il nous faut regarder et que l’on n’ose pas souvent poser nos yeux sur leurs malheurs et leurs inquiétudes, car nous ne voulons que le bonheur, les belles choses, mais de l’autre côté, cela fait partie de la vie. »

Elle a aussi fait une exposition qui s’intitulait La vie pas le paradis, et elle y montrait des personnages où l’on retrouvait l’amour, où il y avait du bonheur, mais il est vrai qu’elle n’hésite pas à exposer souvent le côté obscur.

En créant ses œuvres, pense-t-elle à la maladie mentale de certains êtres?

« Oui, c’est sûr, j’ai même beaucoup travaillé sur cette maladie que l’on ignore, peut-être par incompréhension ou par aveuglement. J’ai produit un spectacle sur ce thème intitulé Troubles et sentiments, grâce à une bourse de la Ville, car à Granby nous sommes gâtés. Nous pouvons déposer nos dossiers avec des projets innovateurs et non conventionnels. C’était un spectacle multidisciplinaire et j’avais engagé plusieurs autres artistes, c’était vraiment le fun », conclut Martine Gautier.

 

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