
L’audit du réseau cyclable de Montréal annoncé le 10 février par l’administration municipale est accueilli avec ambivalence par une partie de la communauté cycliste. Cet engagement de campagne de Soraya Martinez Ferrada suscite aujourd’hui des appuis et des questions.
Les quatre pistes cyclables ciblées sont la rue Meilleur (Ahuntsic-Cartierville), la rue Rachel (Le Plateau-Mont-Royal), le chemin de la Côte-Sainte-Catherine (Outremont) et la rue de la Commune (Ville-Marie). L’administration indique les avoir choisies pour « évaluer les enjeux de sécurité et améliorer la fluidité du réseau. » Les critères de sélection incluent le nombre d’accidents et les plaintes reçues au 311.
Pour Vélo Québec, un organisme qui promeut l’utilisation du vélo au Québec, prioriser la sécurité du réseau est une nécessité.
« On ne va jamais être contre une amélioration des infrastructures cyclables. Parmi certaines des pistes qui ont été ciblées pour un audit, il y a des pistes qui datent des années 80 et qui ont été construites à une époque où les standards d’aménagement n’étaient pas les mêmes qu’aujourd’hui », affirme la directrice des programmes, Magali Bebronne.
Même son de cloche chez Masse Critique Montréal. Le collectif organise des rassemblements mensuels de cyclistes à Montréal. « Il y a certaines pistes, comme celle de la rue Rachel, qui sont extrêmement achalandées, rappelle l’organisateur, Raúl Garate. Revoir la sécurité de cette piste, c’est très positif. À mon avis, l’audit pourrait même mener à une amélioration, par exemple en séparant les deux sens de circulation pour réduire les conflits. »
Regroupements de cyclistes sur leurs gardes
Cependant, la prudence reste aussi de mise parmi les adeptes du vélo.
« Quand on regarde les données, les collisions mortelles et graves, elles n’ont pas lieu sur le réseau cyclable », souligne Magali Bebronne.
Vélo Québec a publié une infographie le 10 février, superposant les décès de personnes à vélo à Montréal aux zones d’audit entre 2012 et 2024.

Selon l’organisme, la quasi-totalité des décès surviennent hors du réseau cyclable. À l’exception de l’intersection entre Parc et Mont-Royal, proche du Chemin de la Côte Sainte Catherine, aucun n’est survenu dans les zones faisant l’objet de l’audit. L’accident en question est d’ailleurs survenu avant l’aménagement d’une infrastructure cyclable sécurisée sur l’axe.
Masse Critique Montréal s’interroge sur les objectifs de la démarche, expliquant que la piste cyclable récente de la rue Meilleur dans Ahunstic-Cartierville a été certifiée par des ingénieurs.
« Il y a eu tellement d’opposition (de la part des automobilistes) pour cette piste. Quand Soraya Martinez Ferrada a parlé de l’audit pour la première fois dans sa campagne, elle l’a fait sur cette piste-là. C’est tout un symbole », se rappelle Raúl Garate.
La Ville de Montréal indique que ces pistes ont été sélectionnées, car elles représentent différents types d’aménagements et de contextes urbains. Le relationniste Hugo Bourgoin explique que ce choix « permettra de capter des enjeux variés et de contribuer à dresser un premier portrait de la situation actuelle du réseau cyclable. »













