Dans un univers où les grandes chaînes dominent la couverture sportive, le journalisme sportif doit aujourd’hui rivaliser autrement. Pour Marco Normandin, rédacteur en chef d’HabsolumentFan et coanimateur du balado Le Poolcast, la clé du succès repose sur la vitesse, la rigueur et une bonne compréhension des codes du numérique.
Le journalisme sportif d’aujourd’hui ne se limite plus à relayer les résultats d’un match. Il se situe désormais entre information, opinion et divertissement. « Les gens ont besoin d’être divertis en tout temps, observe Marco Normandin qui préfère d’ailleurs se définir comme rédacteur plutôt que journaliste. Je vois ce que je fais comme une façon de rapporter l’information. Je suis un recherchiste qui aime trouver des nouvelles avant tout. »
Ce besoin constant d’attirer l’attention transforme la manière de consommer le sport en ligne. Le paysage médiatique ressemble à un vaste océan où nagent une multitude de blogues, de balados et de médias traditionnels, tous en quête de visibilité.
« Tout le monde essaie de tirer son épingle du jeu, explique-t-il. Il faut savoir attirer l’œil du lecteur. »
-Marco Normandin
Dans cette mer d’information, la rigueur demeure sa boussole. « Pour moi, il est ultraimportant de rester factuel », insiste-t-il. Pour le rédacteur-chef d’HabsolumentFan, être les premiers sur la nouvelle représente la marque de commerce du blogue.
Le plan de match du journalisme sportif
Cette stratégie s’avère essentielle dans un environnement médiatique presque entièrement tourné vers le numérique. En 2025, un peu plus de 95 % des Canadiens ont accès à internet, soit environ 38 millions d’utilisateurs, tandis que 31,7 millions de Canadiens (près de 80 %) étaient actifs sur les réseaux sociaux, selon DataReportal.
Les lecteurs se tournent de plus en plus vers les plateformes en ligne pour s’informer, même si la télévision reste une source importante selon Reuters Institute. Cette réalité pousse les petits médias à redoubler d’ingéniosité pour se démarquer. « Je vis avec l’algorithme depuis douze ans », raconte Marco Normandin, qui observe attentivement les moindres changements sur les plateformes. Il se souvient qu’il y a quelques années, le simple ajout d’un émoji dans une description Facebook augmentait la visibilité d’un article. « Il faut toujours rester à l’affût de l’algorithme si on veut survivre. »
Dans l’univers numérique, la notoriété ne garantit pas la reconnaissance. Sur les réseaux sociaux, les lecteurs consomment l’information à toute vitesse, souvent sans prêter attention à sa provenance. « Le lecteur moyen n’est pas capable de distinguer la différence d’un site à l’autre. Ils cliquent sur la nouvelle et c’est tout », remarque Marco Normandin. Pour un média indépendant comme HabsolumentFan, cette réalité complique la bataille pour l’attention. Se démarquer ne passe plus seulement par la rapidité, mais aussi par la capacité à créer un lien de confiance avec le public.
Pour renforcer la crédibilité du site, HabsolumentFan a lancé Le Poolcast, un balado discutant des pools de hockey. « Ça crédibilise le site. Contrairement aux journalistes dont la crédibilité découle du média, les gens me croient crédible parce qu’ils connaissent un peu plus ma personnalité », estime le coanimateur du balado.
À l’image d’HabsolumentFan, le journalisme sportif évolue au rythme du numérique. Il apprend à composer avec la vitesse, les algorithmes et un public toujours désireux de plus de divertissement.








