Trans Mountain: des femmes autochtones craignent les violences sexuelles

Gabrielle Anctil

Des femmes de la nation Secwepemc s’opposent à la construction du pipeline, inquiètes des agressions qu’elles pourraient subir dans les camps de travailleurs. Elles  s’inquiètent de l’arrivée prochaine d’un grand nombre d’hommes dans les camps de construction du pipeline de l’entreprise américaine Kinder Morgan. Dans ces camps, situés dans des régions isolées, les travailleurs sont coupés de leur famille pendant plusieurs semaines.

Une femme Secwepemc tient un affiche sur laquelle on peut lire: « La nation Secwepemc dit non aux pipelines des sables bitumineux. Stop Kinder Morgan. » Crédit photo: Page Facebook des Tiny House Warriors

« Nous observons une augmentation exponentielle des violences sexuelles là où sont installés les camps de travailleurs [du pétrole], » affirment des représentantes de l’assemblée Secwepemc dans une déclaration publiée sur leur site. Le tracé proposé du pipeline Trans Mountain traverse les terres de la nation Secwepemc en Colombie-Britannique.

Selon une étude menée en marge du projet de pipeline de gaz naturel Prince Rupert datée de 2017, les camps de travailleurs seraient en effet à la source d’un accroissement des agressions sexuelles et de la violence envers les femmes autochtones. Plus de dépendances aux drogues, d’infections transmises sexuellement et de violence familiale seraient aussi à prévoir selon le même rapport, relève un article publié par le National Observer.

La « culture du forage »

« Ce sont les “camps d’hommes” qui construiront ce pipeline maudit et ces travailleurs emmèneront leur culture du forage, leur commerce du sexe, la violence et la culture de l’alcool, » lance, Kanahus Manuel, membre de la société des guerrières Secwepemc en entrevue avec Macleans. La militante accuse les pétrolières de participer au « système corporatif colonial d’extraction de ressources, qui dépend de la violence qui détruit nos terres et nos corps. »

« Pendant le boom des sables bitumineux d’Alberta en 2009, la région affichait les taux de violence domestique les plus élevés au pays, » notent les femmes Secwepemc dans leur déclaration. Elles relèvent de plus que le nombre de viols aurait triplé jusqu’à atteindre 243 agressions déclarées au Dakota du Nord, où a lieu un boom pétrolier depuis 2006.

Effets secondaires multipliés

Les violences sexuelles ne seraient pas le seul effet secondaire de la construction du pipeline Trans Mountain. « [Ce nouveau pipeline] augmentera les prix de la nourriture et les loyers. Cela accentuera notre insécurité économique et nous rendra encore plus vulnérables, » arguent les signataires de la déclaration. Les hauts salaires et l’afflux de nouveaux travailleurs seraient la cause des hausses de prix, selon Amnistie Internationale dans un rapport publié en 2016.

La majorités des emplois créés par l’industrie pétrolière vont à des travailleurs venus de l’extérieur de la région. Les femmes autochtones ont rarement accès à ces emplois ce qui les empêche de profiter du boom économique qui accompagne généralement un développement pétrolier, détaille le rapport de l’ONG.

Pour s’opposer au projet de pipeline Trans Mountain, les membres de l’assemblée Secwepemc construiront une série de 10 « tiny houses » (petites maisons). Quatre nouvelles maisons seront complétée le 9 juin, portant le total de à six.

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