Réforme du programme Sciences de la nature : une commande de taille pour les cégeps

Par Thomas Sénéchal

Le Ministère de l’éducation et de l’enseignement supérieur (MEES) est actuellement en consultation auprès des 66 cégeps du Québec, spécifiquement avec les professeurs du programme Sciences de la nature.  Comme le rapporte Thomas Sénéchal, le but est de recueillir leurs réactions relativement à la réforme du programme qu’il souhaite implémenter d’ici 2020.   


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C’est l’une des dernières étapes au sein d’un processus entamé en 2014, alors que le MEES confiait à Éduconseil le mandat d’étudier et de mettre à jour le profil universitaire attendu des diplômés collégiaux.  Les résultats de cette étude, réévalués en 2016 par une centaine de spécialistes, indiquent que les étudiants munis d’un DEC en Sciences de la nature éprouvent certaines difficultés une fois rendus à l’université.  Plus précisément, s’ils démontrent  de bonnes aptitudes spécifiques à l’une ou l’autre des différentes branches des sciences naturelles – soit la chimie, la biologie, les mathématiques ou la physique – ils ont néanmoins du mal à résoudre des problèmes nouveaux et à faire des liens entre les disciplines.  Ainsi, le programme réformé miserait sur des compétences multidisciplinaires comme l’apprentissage de la programmation informatique et l’exploration d’enjeux sociaux au regard des sciences.

Des étudiants du collège Champlain fébriles à quelques semaines de la fin de session.

Des réactions partagées

Pour Thomas Goulet, professeur de physique au collège Champlain de Lennoxville, cette nouvelle orientation que le programme est appelé à prendre est quelque peu inquiétante.  Toutefois, il reconnait que le changement pourrait s’avérer bénéfique : « C’est certain qu’en tant que professeurs, nous avons l’habitude d’enseigner notre propre matière.  L’arrivée de nouvelles compétences à intégrer nous déstabilise mais permet aussi de créer quelque chose d’intéressant. »

Jonathan Roy, finissant au baccalauréat en physique à l’Université de Montréal, se prépare pour les évaluations de fin d’année.

De son côté, le finissant au baccalauréat en physique à l’Université de Montréal, Jonathan Roy, croit que sa formation collégiale était adéquate.  Il est sceptique quant au fait de couper du temps d’enseignement disciplinaire : « Quand j’ai fait mes premiers pas à l’université, j’ai réalisé que mon niveau en mathématique était à peine suffisant pour répondre aux attentes. Si mes cours de cégeps avaient été moins approfondis, je ne crois pas que j’aurais été qualifié pour le BAC. »

Les professeurs ont jusqu’au 27 avril pour terminer leur évaluation du nouveau programme et faire connaître leurs points de vue.

 

Extrait sonore : Thomas Goulet, professeur de physique au collège Champlain, partage ses réflexions par rapport à la réforme à venir :

Durée : 26 sec.

 

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