Pour l’amour des armes, contre le registre

Par Catherine Soum

John(1), client du champ de tir de l’Estrie, n’en démord pas : « le registre des armes à feu imposé par le gouvernement du Québec est inutile et coûteux ». Pour la majorité des amateurs de tir récréatif rencontrés, les allègements proposés par le gouvernement pour l’enregistrement des armes à feu n’y changent rien. Ils restent fortement opposés au registre québécois des armes à feu.

Mario Bérubé, instructeur de tir, s’exerce avec une arme de poing semi-automatique. Photo: Catherine Soum

En ce dimanche brumeux et pluvieux, quelques amateurs de tirs récréatifs se retrouvent au champ de tir. Ils ne parlent pas beaucoup, portent des casques anti-bruit. Chaque coup de feu fait un bruit assourdissant. Certains sont concentrés sur la cible, la joue collée à l’arme. D’autres savourent le moment : celui où on sort l’arme de l’étui, on compte ses munitions, on vérifie le canon. On sent de la fierté dans leurs gestes. Mario Bérubé, instructeur de tir, m’explique qu’ils ont « l’amour des armes. »

Enregistrement des armes à feu

La loi classe les armes à feu en 3 catégories : les prohibées (par exemple les armes automatiques), celles à usage restreint (comme les armes de poing, les armes semi-automatiques) et les non restreintes (comme certaines armes d’épaule qui servent à la chasse). Les détenteurs d’armes prohibées ou à usage restreint doivent obtenir un certificat fédéral d’enregistrement pour chaque arme. Depuis janvier 2018, le Québec a instauré un registre provincial des armes à feu pour les armes sans restriction. La déclaration peut se faire en ligne et sans frais.

Un registre inutile et coûteux

Mario est instructeur depuis plus de 30 ans, pour les particuliers ainsi que pour les agents de sécurité ou les futurs policiers. Il reconnait que le registre peut aider le corps policier qui, dans une enquête, veut retrouver le possesseur de cette arme. Pour le reste, il est sceptique :

« Ça prend du personnel pour gérer les registres. Je ne sais pas si ça en vaut la peine. »

John(1) est venu s’entraîner au tir ce matin. Il arbore un chandail sans équivoque avec la mention « Contre le registre ».

« Il a été prouvé que c’était inutile. Est-ce que le registre va empêcher les Hells d’avoir des armes à feu ? Non. Est-ce que les crimes par armes à feu sont commis par les chasseurs et propriétaires d’armes à feu légales? Non. C’est les gangs de rue, les Hells. Est-ce qu’un registre empêcherait un suicide? Non. Un registre ça sert à rien. Investissez l’argent à la bonne place ! »

Un pays, une réglementation 

Pierre(1) est officiel de tir ce matin, au stand des armes d’épaule. Il est le responsable de la sécurité. Pour lui, le gouvernement provincial va trop loin :

« Ils veulent nous contrôler, c’est ce qu’on ne veut pas. Ça n’amène aucune sécurité supplémentaire et ça entraîne des frais exorbitants(2). Les armes à feu devraient n’être régies que par le fédéral. On est tous canadiens, on devrait tous être traités pareil. »

  1. Nom fictif
  2. Le registre fédéral avait coûté finalement 2 milliards lors de son abolition en 2012.

Balado: Pour l’amour des armes, contre le registre. Durée: 3’33

Cliquez sur le lien ou l’image pour écouter le balado Pour l’amour des armes, contre le registre.
Durée 3:33

 

 

 

 

 

 

 

 

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