Plus de couleurs dans l’arc-en-ciel de la Fierté

Par Catherine Dib

Des membres de la communauté Lesbiennes, Gays, Bisexuels et Transgenres (LGBT) issus de minorités ethniques aimeraient voir plus d’inclusivité chez Fierté Montréal alors que les organisateurs précisent qu’ils font leur possible pour encourager la diversité.

Les guirlandes roses iconiques du village gai de Montréal ont changé de visage cette année. On y voit plus de couleurs, à l’instar de ce qu’espèrent les organisateurs de Fierté Montréal pour leur édition de 2017.

Une marée d’organismes communautaires, de paillettes et de bannières envahit les rues de Montréal à chaque août pour célébrer les avancées de la diversité sexuelle. Pourtant, le festival a essuyé plusieurs critiques sur son inclusivité et la représentation des minorités lors de sa dernière édition. Certains voient l’événement comme étant surtout réservé à une démographie masculine homosexuelle blanche.

Un reportage vidéo de Catherine Dib.

Pour le vice-président de Fierté Montréal, Jean-Sébastien Boudreault, cette onzième édition du festival sera inclusive ou ne sera pas. Face aux critiques, l’organisation s’est livrée à une réflexion interne pour donner plus de place aux LGBT issus de communautés culturelles.

Cette année, les organisateurs ont embauché deux coordonnatrices aux relations auprès des personnes racisées. « Elles ont passé les derniers mois à consulter des membres de ces communautés pour explorer les différentes avenues d’inclusivité », insiste M. Boudreault. Le vice-président souligne les initiatives de la programmation qui corroborent cet effort, comme un espace sécuritaire pour les personnes de couleur sera réservé sur le site de l’événement.

Dernière édition décevante

Pour certaines personnes, le rendez-vous annuel de Fierté Montréal est surtout un rappel qu’elles sont oubliées, exclues. Nyoka Hunter, qui s’identifie comme fem noire et queer, ne se sentait pas la bienvenue auprès de Fierté. « Lorsque j’y allais, je voyais surtout des hommes blancs gais. Je croyais y retrouver ma communauté, mais j’ai rapidement déchanté, » explique-t-elle.

Cette année, Nokya Hunter espère partager ses poèmes sur son expérience comme femme queer de couleur au micro ouvert de Fierté Montréal.

Elle n’est d’ailleurs pas la seule. La militante féministe Lysa Janelle fait partie de ceux qui avaient accusé Fierté Montréal d’opportunisme politique pour avoir ouvert la parade de 2016 avec un contingent d’Arc-en-ciel d’Afrique. « Ce n’est pas assez qu’un organisme représentant une minorité ouvre une parade, c’est de la poudre aux yeux, dénonce Mme Janelle. Il faudrait une modification profonde de la structure de l’événement. »

Pourtant, certaines organisations représentants d’autres groupes participent au défilé. Helem, un groupe arobophone pour la défense des individus LGBT, y prend part depuis 14 ans. Le président d’Helem, Rémy Nassar, explique la position de l’organisation sur la question de la diversité:

Durée: 00:46

M. Boudreault reconnaît que Fierté Montréal demeure perfectible : « Il y a quelques années, notre réflexion portait plutôt sur l’inclusion des transgenres et des lesbiennes. Le festival est en constante évolution. » Il précise que la porte est toujours ouverte aux critiques à cet égard.

De son côté, Mme Hunter prendra part aux festivités de Fierté Montréal cette année. Mais, pour elle, ouvrir la porte n’est pas suffisant : « Il faut aussi tendre la main, aller activement chercher les individus qui se sentent exclus. »

 

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