Patrimoine à Montréal : la complexité du cas de la caserne 26

Par Andrée-Anne Perreault

Le démantèlement de la façade de la caserne 26, à l’angle des avenues du Mont-Royal et des Érables à Montréal, a cours depuis le mois de septembre 2018. Le débat autour de la mise en valeur de certains éléments architecturaux souligne toute la complexité de la notion de classification patrimoniale.

La caserne 26, le 2 novembre 2018. Les travaux de restauration patrimoniale se poursuivent jusqu’à la fin de l’année 2019. (image Andrée-Anne Perreault)

Les travaux de rénovation de la caserne 26 dans l’Est du Plateau Mont-Royal ont repris à la fin de l’été après plusieurs mois d’arrêt. Afin de remédier à des faiblesses structurales, la façade en pierres grises de l’édifice patrimonial doit être complètement démantelée pour être ensuite reconstruite à l’identique.

Cependant, la Ville a choisi de ne pas redonner à la tour d’angle son allure d’origine, mais plutôt une facture moderne. Cette décision désole la Société d’histoire du Plateau Mont-Royal, comme l’explique dans le prochain extrait audio son administrateur Gabriel Deschambault qui considère le bâtiment comme un élément emblématique du quartier, ancré dans l’imaginaire de ses résidents, dont la tour en est le principal marqueur.

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La notion de patrimoine

La caserne 26 en 1910 (Source: Ville de Montréal)

Selon Peter Jacobs, président du Conseil du patrimoine de Montréal, la notion de patrimoine est complexe. Dans le cas d’un bâtiment et de ses composantes, il faut entre autres prendre en compte sa date de construction, son évolution historique, son rôle lors de sa conception, la renommée de son architecte, les techniques de construction utilisées, son caractère esthétique et l’appropriation qu’en ont faite les citoyens.

Projection de la future caserne 26 (Source: Groupe Geyser)

Il s’agit donc « d’une collecte de données qui sont arrimées par rapport à une classification un peu subjective, mais pas autant que ça, sur la qualité et l’importance du bâtiment. Ainsi, si la qualité physique et l’importance immatérielle du bâtiment sont très élevées, il est candidat pour une classification patrimoniale. »

À l’origine de sa construction en 1901, la caserne 26 abritait l’hôtel de ville du village De Lorimier, son poste d’incendie et de police ainsi qu’un bureau de poste. Sa tour d’angle avait été démolie en 1931 à cause d’un problème à sa structure. On l’a remplacée en 1960 par une cage d’ascenseur et depuis un incendie en 1999, la cage d’ascenseur a été condamnée.


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