Médecine intégrative: approche innovante brimée au Québec

Par Geneviève Arcand

Le Centre de Médecine Intégrative de Montréal a dû fermer ses portes en mai dernier. La cause de cette fermeture? C’est surtout l’arrivée de la loi 20 qui a empêché de recruter de nouveaux médecins suite à quelques départs à la retraite. On pourrait ajouter le conservatisme du collège des médecins qui a toujours réprimandé cette pratique. Voici le reportage de Geneviève Arcand.


Durée 2:00

Les médecines intégratives et fonctionnelles ont beaucoup gagné en popularité au cours de la dernière décennie. Elles se font de plus en plus présentent dans les universités et hôpitaux américains ainsi que dans les autres provinces canadiennes. Plusieurs croient même qu’elles sont les approches de l’avenir.

La médecine conventionnelle excelle dans les soins aigus et dans le traitement de plusieurs maladies, mais elle est souvent prise au dépourvu devant plusieurs conditions chroniques.

Plusieurs conditions sont en effet reconnues comme étant favorisées ou causées par des facteurs reliés au mode de vie. Par exemple, les cancer, le côlon irritable, l’arthrose et les migraines. On soupçonne fortement d’autres conditions d’être liées à l’environnement, comme les allergies, l’autisme et le TDAH.

Le principe de la médecine intégrative est de combiner les meilleures pratiques de la médecine conventionnelle à celles des thérapies dites complémentaires  pour lesquelles on dispose de données probantes. Les approches complémentaires sont nombreuses : nutrition, ostéopathie, acupuncture, massothérapie, méditation, herboristerie… Le médecin vise le bien-être du patient. Il considère la personne comme un tout avec des systèmes qui interagissent.

Dans le prochain extrait audio, Jonathan Léger Raymond, herboriste accrédité et thérapeute ayuvédique parle des contraintes rencontrées pour la recherche sur les plantes médicinales.

Durée: 3:43 min

La médecine fonctionnelle, quant à elle, adhère aux principes de médecine intégrative mais tente d’identifier la raison sous-jacente d’un problème plutôt que de ne s’attaquer qu’aux symptômes comme le fait souvent la médecine conventionnelle. Les médecins pratiquant l’approche intégrative pratiquent aussi souvent l’approche fonctionnelle.

Tytti Tenhunen est une patiente finlandaise qui a trouvé des solutions à ses problèmes de santé avec l’approche intégrative

Par exemple, un médecin conventionnel traitera un patient atteint d’une maladie auto-immune avec un médicament qui combattra la réaction inflammatoire, tel la cortisone. Cela en diminuera les symptômes. Un médecin avec l’approche fonctionnelle recherchera la cause de la réaction auto-immune et tentera de régler le problème à la source. La racine du problème pourrait être le stress, des allergènes, des toxines ou une infection.

Au Québec, un médecin peut se faire réprimander pour soigner son patient avec des moyens non conformes à celles de ses pairs, et ce même si le patient est guéri. Ailleurs en Amérique du Nord, l’abolition d’une loi médicale permet aux médecins de prescrire et de pratiquer des approches complémentaires en santé sans devoir craindre des représailles pour les avoir utilisé.

Le dr.Boukaram, oncologue à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont, pratique avec une approche intégrative en santé. Il explique ici certaines méthodes complémentaires en santé. Approche intégrative en oncologie

À propos de la médecine fonctionnelle, voici un convainquant TED Talk du dr. Mark Hyman TEDtalk médecine fonctionnelle.

Jacqueline Lagacé, doctorante en virologie, post-doctorante en immunologie et bactériologie, et ex-directrice du programme de bacc. en sciences bio-médicales à l’UdeM à l’émission de Denis Lévesque   : Vaincre la douleur chronique par l’alimentation

D’ailleurs, la  Faculté de l’éducation permanente de l’Université de Montréal organise un colloque annuel sur le sujet depuis l’année dernière : Colloque sur la santé intégrative à la FEP .

La popularité renaissante des remèdes naturels et des thérapies holistiques provoque des réactions parmi la communauté scientifique médicale conventionnelle. Texte de Jonathan Léger Raymond

 

 

1 Commentaire

  1. Encore une fois, des personnes abusent de leur pouvoir pour nous imposer une médecine que les Big Pharmas tout puissants veulent diriger. Il est évident que ça les paie bien plus de soigner un malade toute sa vie avec de coûteux médicaments que de le voir guérir presque sans frais.

    Le collège des médecins n’est pas non plus bien intentionné, lui aussi imbu de son pouvoir. Pourquoi n’aurions-nous pas droit à une médecine mieux adaptée, axée sur la guérison plutôt que l’atténuation des symptômes. Des médecins qui ont de bons succès en soignant autrement sont punis d’avoir bien agi. Cela donne des médecins qui n’osent plus se servir de leur cerveau pour prendre les meilleures décisions pour leurs patients, ou qui se sentent impuissants quand ils savent que leur protocole imposé n’est pas celui dont le patient a besoin. Ils peuvent aussi se sentir incompétents parce que souvent les patients qui ont fait des recherches en savent plus qu’eux sur les options autres que médicaments.

    Voici les conséquences de cet abus de pouvoir sur les patients : Les patients se voient refuser des tests qui permettraient de faire un bon diagnostique. La raison est que, si tout n’est pas comme dans les livres qu’ils avaient à l’université, les médecins ne savent pas voir d’autres avenues par peur de perdre leur licence. Ils apprennent que pour tel symptôme, il y a tel ou tel diagnostique, et tel ou tel médicament. Pourquoi ne pas faire les tests de microbiome, les tests de métaux lourds, les tests complets de thyroide au lieu des incomplets, et tester aussi les autres taux d’hormones, pourquoi ne pas vérifier les manques ou surplus en minéraux et vitamines, les prédispositions génétiques, et les tests les plus avancés qui existent déjà dans d’autres pays. Cela permettrait de voir où sont les déséquilibres et de savoir quoi faire pour redonner l’équilibre perdu. On interviendrait donc avant que ce soit grave au lieu d’attendre. Présentement, on attend que ce soit grave et ensuite on maintient chimiquement la situation sous contrôle, selon les plans bien définis des Big Pharmas. Des maladies comme le diabète de type 2, l’autisme, les maladies de cœur, les maladies auto-immunes, tous ces états peuvent soit s’améliorer, soit guérir grâce à la médecine intégrative (j’incluais aussi la médecine fonctionnelle dans ma compréhension de médecine intégrative, j’apprends ici dans votre article qu’il y a une distinction, merci pour la précision). Refuser cela aux malades, c’est leur faire du mal volontairement.

    Je suis tombée sur ce site parce que je cherchais à savoir s’il y avait de la médecine intégrative au Québec. Quelle déception d’apprendre que cette médecine de l’avenir est refusée ici. Pourquoi cet acharnement à rester arriérés? Alors nous, les patients, allons continuer à nous débrouiller tout seuls, par essais et erreurs avec les plantes médicinales qu’on va cultiver ou ramasser dehors, à s’éduquer sur Internet, à consulter hors du Québec. Il semble que c’est ce que notre système médical soit en train de faire. Il produit des autodidactes parce que le chimique, ça ne marche pas sur les maladies chroniques, et on préfère les alternatives moins toxiques quand c’est possible. Ces règles rigides amènent ainsi moins de confiance envers les médecins. Ne soyez pas surpris si les jeunes délaissent ce choix de carrière ou s’en vont ailleurs où ils pourront s’épanouir en tant que médecins qui ont le droit d’utiliser leur intelligence et leur bon sens pour adapter les soins aux besoins spécifiques des patients. C’est ce que la médecine d’ici au Québec ne permet pas. J’ai hâte qu’on arrête d’être les marionnettes des Big Pharmas.
    Signé : Déçue

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