Marche pour l’urgence climatique à Montréal

Par Catherine Morin

Plusieurs centaines de citoyens manifestent dans les rues de Montréal pour rappeler l’urgence de protéger l’environnement et exiger des actions concrètes des gouvernements.

Le 8 décembre dernier, des manifestations pour rappeler l’importance de la lutte au réchauffement climatique ont eu lieu dans plus de 200 villes à travers le monde dans le cadre de l’évènement Climate Alarm.

Répondant à l’appel du collectif La Planète s’invite au Parlement, plus de 4000 Montréalais ont bravé le froid pour se rendre à la Place des festivals, selon le Service de police de la ville de Montréal (SPVM).

Comme l’explique Catherine Morin dans le prochain reportage, ces citoyens exigent que tous les paliers de gouvernement reconnaissent l’urgence climatique, développent des plans concrets de réduction des gaz à effet de serre (GES) et mettent un frein à l’exploitation pétrolière.

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Plusieurs représentants d’organismes environnementaux trouvent important de multiplier les mobilisations populaires pour faire prendre conscience aux élus de la gravité de la situation.

« C’est à nous d’exiger de nos dirigeants d’agir maintenant pour protéger notre avenir, car chacun d’entre nous a le droit de vivre dans un environnement sain », affirme le directeur général de la Fondation David Suzuki, Karel Mayrand.

Geneviève Puskas, conseillère en changements climatiques et en énergie pour l’organisme Équiterre, a invité les manifestants à signer une pétition adressée au premier ministre Justin Trudeau et au ministre des Finances Bill Morneau pour « leur dire non aux subventions aux énergies fossiles. »

Elle précise que le gouvernement fédéral donne 10 milliards $ aux combustibles fossiles chaque année, sans compter les 4,5 milliards $ investis dans l’achat du pipeline Trans Mountain pour transporter du pétrole des sables bitumineux. « Il y a  d’autres façons d’investir l’argent de nos impôts alors que nous nageons en pleine crise climatique », estime la militante.

Geneviève Puskas, conseillère en changements climatiques et en énergie chez Équiterre, invite les manifestants à signer une pétition pour demander au gouvernement fédéral d’arrêter les subventions aux énergies fossiles.

Urgence d’agir

Les GES, responsables du réchauffement de la planète, ont franchi de nouveaux sommets de concentration dans l’atmosphère en 2017. L’ONU rappelle que si on ne réduit pas rapidement les émissions, les changements climatiques auront des conséquences irréversibles pour la vie sur Terre.

Cette mise en garde ramène l’environnement à l’avant-plan de l’actualité et au cœur des préoccupations.

« Selon moi, le réchauffement climatique représente la plus grande crise mondiale », déclare une participante à la marche. Si elle pose déjà des gestes pour réduire son empreinte écologique au quotidien, comme utiliser les transports en commun et limiter son utilisation de produits de plastique, elle considère que les dirigeants doivent vite cesser de prioriser l’économie au détriment de l’environnement.

« C’est certain que tout le monde doit faire sa part, mais le gouvernement devrait aussi mettre sur pied des projets pour encourager les citoyens à lutter ensemble contre les changements climatiques », affirme une autre manifestante, qui propose comme exemples l’implantation d’un système de covoiturage et des règlements plus stricts sur la gestion des déchets.

Un participant, qui a dédié sa vie à l’agriculture biologique, estime qu’un changement radical en matière de protection de l’environnement passe par la modification de nos habitudes alimentaires.

« Je crois que nous devrions construire les bases d’une société nouvelle et redéfinir notre manière de consommer et de faire l’agriculture», explique-t-il, rappelant qu’un régime à base de viande a d’importantes répercussions sur l’environnement.

Front commun pour l’environnement

Prenant part à l’évènement, le député du NPD Pierre Nantel se réjouit d’avoir réussi à rassembler le Bloc québécois, le NPD et le Parti vert dans un front commun pour demander au gouvernement et à l’opposition officielle de participer à un sommet des leaders sur le réchauffement de la planète.

Suite à la lecture d’une lettre ouverte de M. Nantel les invitant à mettre de côté la partisannerie, les chefs des trois partis ont tendu la main à Justin Trudeau et à Andrew Sheer pour organiser une mobilisation commune pour le climat le 6 décembre dernier.

M. Nantel souhaite que tous les élus conviennent de l’urgence d’agir et s’ouvrent aux solutions proposées par les différents partis.

« L’important, c’est d’atteindre nos objectifs, peu importe comment, explique-t-il. Pour les atteindre de façon rassembleuse, il faut inclure tous les côtés. Ce n’est ni un enjeu de gauche, ni un enjeu de droite : on l’a en pleine face. »

Le député du NPD Pierre Nantel, qui participe à la marche, estime important de laisser la partisanerie de côté dans la lutte aux changements climatiques.

Des marches pour le climat ont eu lieu à Québec ainsi que dans plusieurs autres villes de la province.

Ces mobilisations citoyennes se déroulaient en même temps que la 24e conférence de l’ONU sur le Climat en Pologne, où les pays signataires de l’Accord de Paris ont adopté des règles pour atteindre leurs cibles de réduction de GES.

Dans le prochain extrait sonore, le député du NPD dans Longueuil-St-Hubert, Pierre Nantel, se réjouit d’avoir réussi à rassembler le Bloc québécois, le Parti vert et le NPD dans un front commun de lutte au réchauffement climatique.

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