Les momies au secours de la vie

Par Karine Thellier

Pour Jean Pierre et Chantal, 2 passionnés d’Égypte ancienne, les égyptologues du British Museum sont en train de révolutionner les recherches réalisées sur les momies. « Elles ne sont plus présentées comme des objets d’art ou de curiosité, mais comme des corps humains qui permettent de mieux comprendre la vie et les maladies existantes dans l’antiquité. »

Rencontré lors d’une visite sur les secrets des momies du Musée des beaux-arts de Montréal, ce couple de retraités français en visite au Québec est impressionné par ce qui est dévoilé. Les visites réalisées en Égypte du Musée du Caire et en France au Musée du Louvre « ne permettaient pas de voir les corps et de comprendre l’état de santé ». Pour eux, « c’est incroyable de les voir comme ça, on a l’impression qu’ils sont ressuscités ».

Une résurrection ou plutôt une autopsie réalisée grâce à la tomodensitométrie, habituellement utilisée en médecine. Ce procédé numérique plus connu sous le terme de scanneur permet aux scientifiques de déshabiller virtuellement les momies, datant de plus de 2000 ans, sans les détériorer. Les images fournies en 3 dimensions donnent des informations sur l’état de la dentition, de la structure des os, de la nutrition, des maladies héréditaires du passé et sur les causes de la mort.

Les momies en effet ne sont plus « vues comme des objets d’art ou des curiosités, mais comme des corps humains » qui servent à la science. Les informations recueillies sont précieuses pour comprendre les maladies anciennes dont souffraient les Égyptiens. En Angleterre, une équipe de chercheurs utilise également les momies pour régler le taux de radiation des scanneurs et ne pas mettre en danger les patients lors des examens.

Les Égyptiens ont momifié leurs morts durant 3000 ans, pour les préserver de l’oubli et les rendre immortels. Les procédés de conservation employés ont permis de garder intacts les corps et leurs découvertes ont permis d’en faire de nombreux usages. Des usages médicinaux, mais aussi industriels dans la fabrication de pâte à papier, à partir des bandelettes, dans le Maine ou utilisées comme substitut du charbon, dans les locomotives, en Angleterre. Aujourd’hui, la science redonne aux momies leurs lettres de noblesse en humanisant les corps au travers des images fournies et en dévoilant les secrets de leurs vies.

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