Les femmes noires ont maintenant un Salon qui leur est dédié au Québec

Par Pierrette Vlavo

« N’aie pas peur, ose ! » C’est avec ce slogan que l’humoriste montréalaise Dorothy Rhau, d’origine haïtienne, a donné le coup d’envoi du premier Salon International de la Femme Noire (SIFN), dont elle est la présidente et cofondatrice. Ce nouveau rendez-vous, qui a eu lieu samedi 2 juin à Montréal, Dorothy Rhau l’a conçu comme un lieu de retrouvailles et de discussions où des femmes noires et métissées de tous les horizons peuvent échanger et s’exprimer sur des sujets d’actualité qui les concernent.

Pour sa première édition, le salon a donc choisi d’aborder des sujets d’actualité tels que l’implication politique des femmes noires, le féminisme, le mouvement #metoo ou encore les femmes noires dans les STEM (Science, Technologie, Ingénierie et Mathématiques). Autant de milieux où selon Dorothy Rhau, les femmes noires sont souvent sous-représentées ou discriminées. Elle l’affirme avec conviction : « il est temps de débattre et de dialoguer sur des enjeux de société dont nous [les femmes noires] sommes exclues ».

Les panélistes invitées à titre de professeures, chercheures, sociologues, avocates, etc., et le public du Salon venu en grand nombre assister à l’événement ont échangé leurs points de vue sur des questions telles que : Pourquoi si peu de femmes noires en sciences ? Les femmes racisées peuvent-elles s’identifier au féminisme actuel ? Y a-t-il encore du racisme/sexisme dans la sphère politique ?

À travers cet événement, Dorothy Rhau souhaite également « célébrer » la femme noire et souligner son apport dans le développement de la société québécoise et canadienne en créant notamment le Prix Viola Desmond[1], du nom de la première femme noire à figurer seule sur un billet de banque. Pour cette première édition, le prix a été remis à la Docteure Yvette Bonny. Arrivée au Québec dans les années soixante avec la première génération d’Haïtiens, elle travaille comme médecin-pédiatre et hématologue à l’hôpital Maisonneuve-Rosemont de Montréal et réalise la première greffe de moelle osseuse sur un enfant au Québec en 1980.

Autre temps fort de la journée, la minute de silence observée à la mémoire de Marielle Franco, militante noire pour les favelas et conseillère municipale de Rio de Janeiro (Brésil), assassinée le 15 mars 2018 à qui le Salon international de la femme noire a voulu rendre hommage. Cet hommage marque le début d’une longue série, puisque Dorothy Rhau a annoncé samedi dernier qu’une seconde édition du Salon international de la femme noire est déjà prévue pour 2019.

 

À travers ce Salon, l’humoriste Dorothy Rhau souhaite créer un véritable mouvement pour faire avancer la condition de la femme noire à tous les niveaux.

 

[1] Viola Desmond était une femme d’affaires noire de la Nouvelle-Écosse qui défia l’autorité en refusant de quitter une section réservée aux Blancs d’un cinéma en 1946. À cause de ce refus, elle fut incarcérée, reconnue coupable et condamnée à une amende. Son procès constitue l’une des premières contestations judiciaires connues soulevées par une femme noire au Canada pour cause de ségrégation raciale. Source : https://www.banqueducanada.ca/2018/03/nouveau-billet-10-dollars-orne-portrait-viola-desmond/

 

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