La Presse+ amène une nouvelle écriture médiatique

Par Alexis Lapointe

Judith Lachapelle s’est entretenue avec les étudiantes et les étudiants du cours d’Atelier de presse écrite, mercredi le 6 juin dernier à l’Université de Montréal. À la suite de son récit de la création La Presse+, un échange a eu lieu à propos des transformations propres à la pratique du métier dans les médias écrits.

Judith Lachapelle, journaliste et chef des nouvelles internationales à La Presse+

« Avec La Presse+, la communication passe par l’image, lance Judith Lachapelle. L’aspect graphique joue un rôle essentiel pour orienter la lecture, c’est ce qui supplée aux repères physiques du papier comme les cahiers, l’épaisseur du journal. »

Question d’assurer le succès de la transition à la tablette, l’équipe en charge du projet a fait une étude de la relation du lectorat à l’édition papier de La Presse. Selon Mme Lachapelle, le succès est au rendez-vous puisque le lectorat et le temps qu’il consacre à consulter le média seraient plus importants aujourd’hui.

Langage visuel

Dans La Presse+, l’attention portée à la dimension graphique va bien au-delà de la présentation. Comme le soulève la chef des nouvelles internationales, le changement concerne en premier lieu le travail de rédaction. Avec l’écran et le découpage par blocs, les articles prennent une nouvelle forme et ils impliquent davantage d’outils comme les cartes ou les tableaux. « Le format est fondamental en écriture, note Mme Lachapelle. On travaille à intégrer l’image, le langage visuel. »

Une intégration qui diffère aussi de celle qui est faite sur le Web, où la rédaction reste plus traditionnelle. « Il y a d’autres modèles que la pyramide inversée qui s’imposent, d’autres façons d’accrocher le lectorat, souligne-t-elle. On a choisi la tablette parce qu’elle invite à une lecture plus engagée et permet aux journalistes d’aller plus loin, lorsqu’il s’agit de traiter une nouvelle de dernière heure l’information passe par le Web. »

Sens de l’image 

« On cherche à faire les choses autrement, indique-t-elle. À l’ère des fake news, on souhaite entre autres valoriser la transparence. » D’ailleurs, elle indique que la série « Dans les coulisses de la presse » a obtenu beaucoup de succès auprès du public en début d’année. Pour ces articles parus en janvier 2018, les journalistes étaient conviés à présenter leur métier et à expliquer leurs méthodes de travail sous un angle plus personnel. Aux yeux de la journaliste de métier, l’exploration de nouveaux modes de pratique du journalisme est vitale pour l’avenir.

« Je souhaite qu’on évolue et la jeune génération a un sens incroyable de l’image, ajoute-t-elle. On gagnerait à compter davantage de nouveaux journalistes parmi nous. » D’ailleurs, elle mentionne que l’équipe du média reste essentiellement composée de journalistes de la génération qui est sortie des bancs d’école au tout début des années 2000. « À l’époque, il y avait des dizaines d’embauches par année, note-t-elle. C’est cyclique et je crois que le changement dans la structure du média doit favoriser un renouveau.

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