La désinformation intoxique aussi les réseaux sociaux

Par Jean-Louis Aubut

Depuis la nuit des temps, la désinformation ravage les communications. À l’ère d’Internet, elle peaufine sa stratégie d’intégration. Ses heures sont-elles comptées?

« Il a fallu des décennies de désinformation et de ventriloquie pour dévoyer mai 68, mentionne l’essayiste Vincent Cespedes, pour faire croire à une révolution exclusivement culturelle ou politique, quand il s’agissait avant tout de philosophie. » En effet, la désinformation utilise les techniques de l’information pour induire en erreur, occulter ou travestir les faits, afin de pouvoir manipuler l’opinion publique. La désinformation a de multiples facettes. Perverse. Elle sert, par l’entremise de certains médias, les politiques, les religions, les pouvoirs militaires, les entreprises pharmaceutiques et les médias eux-mêmes. C’est un outil de prédilection indispensable pour contrôler les masses humaines. Mais comment remédier aux effets néfastes de la désinformation?

Au départ, que ce soit à la radio, à la télévision, dans les journaux, sur Internet, sur Twitter ou sur Facebook, le lecteur doit prendre du recul par rapport aux informations qu’il reçoit. Est-ce vrai? Est-ce faux? Il doit les comparer à d’autres sources disponibles sur Internet pour en vérifier la véracité. Malheureusement, ce n’est pas toujours le cas. La désinformation est si bien façonnée qu’elle peut passer au travers des filets. Les sites Internet sont-ils fiables?

« Bien que l’Internet soit devenu un outil indispensable, il faut être très critique de l’information qu’on y retrouve puisque personne n’a sélectionné, révisé ou approuvé les informations retrouvées dans la majorité des sites Web. Contrairement aux médias traditionnels (livres, périodiques, etc.), le contrôle de qualité est minime », peut-on lire sur le site de l’Université de Moncton au Nouveau-Brunswick. Le lecteur doit se poser la question suivante : est-ce un site satirique, un média subventionné, un blogue personnel, un journal indépendant ou un site militant? Évidemment, toutes ces informations doivent être recoupées, éclaircies pour permettre de dégager le vrai du faux.

Crédit Photo : Google Image

En ce qui concerne les photos, il n’y a rien de plus facile pour vérifier leur authenticité. Il suffit d’utiliser Google Images et d’introduire dans ce moteur de recherche l’adresse de l’image ou l’image proprement dite. Google Images donnera tous les endroits où la photo est déjà parue. Voici un exemple de manipulation : cette photo ne provient pas du ministère de l’Intérieur français, pourtant elle se retrouve dans le journal TV Libertés.

Les répercussions sur les réseaux sociaux

« Si nous ne regardons pas les faits avec sérieux, a dit le président Barack Obama en novembre 2016, sans savoir ce qui est vrai ou faux, en particulier à l’ère des médias sociaux, quand beaucoup de gens s’informent sur leur téléphone avec des fragments de nouvelles et de cours textes audio, si nous sommes incapables de distinguer un argument sérieux d’une propagande, alors, nous avons des problèmes. »

« Est-ce que Facebook par exemple a un devoir moral de s’assurer de diffuser de vraies informations, analyse Gérard Fillion de Radio-Canada, et d’éviter de propager de la propagande, des informations inventées, déformées, qui ne sont pas vraies? La question se pose, mais la réponse n’est pas simple. Où commence la fausseté? Si dans un texte de nouvelles, 7 paragraphes sont vrais, mais le 8e contient une fausseté, est-ce que Facebook doit la censurer? Ou y accoler une sorte d’avertissement ? » La balle est dans le camp de Facebook.

« Pour le moment, le père du mensonge arrive encore à s’imposer comme le père de la vérité, écrit le politologue et théologien Oscar Fortin, mais il est possible que ses heures soient comptées. Les langues se délient et les consciences s’éveillent. »

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