Féminiser et exporter l’industrie québécoise du jeu vidéo

par Alizée Dagort

C’est en collaboration avec Montréal Relève que l’Alliance Numérique, le réseau d’affaires de l’industrie du jeu vidéo au Québec, proposera cet été une cohorte de stage pour les montréalaises des secondaires 3 et 4.

Le 3 juin 2017, les montréalais ont célébré les 20 ans d’Ubisoft Montréal, aujourd’hui le plus gros studio de développement de jeux vidéo au monde. (Photo : Alizée Dagort)

L’Alliance, qui se déclare fière d’avoir atteint la parité hommes-femmes au sein de son conseil d’administration, souhaite aujourd’hui, selon sa directrice générale Catherine Émond, réussir à initier les jeunes femmes aux avantages de travailler dans le domaine du jeu vidéo. Le stage durera une semaine et les jeunes filles visiteront chaque jour un studio différent, afin de découvrir son écosystème. Ils souhaitent ainsi recruter la relève féminine.

Un reportage vidéo d’Alizée Dagort.

Madame Émond explique que la parité dans le milieu technologique, « on pourrait l’atteindre très rapidement mais ce milieu il faut encore le raconter, le démystifier ». La clé est alors « d’amener la technologie vers les femmes » et non de leur dire qu’elles doivent s’intéresser aux technologies.

Exploiter le potentiel québécois

S’intéresser aux technologies et exploiter le potentiel québécois, là est le but du festival Hub Montréal, dont l’Alliance Numérique est partenaire. Selon la directrice, « ce qui est bien avec Hub Montréal, c’est que c’est comme une activité parapluie. Il y a la musique, le cinéma, les effets spéciaux, le jeu vidéo… Je crois beaucoup en l’énergie de l’équipe Hub Montréal parce qu’ils comprennent bien les dynamiques de marchés de l’industrie numérique créative. »

Au Canada, l’industrie du jeu vidéo génère 20 000 emplois, dont environ 11 000 au Québec, 9 000 d’entre eux étant à Montréal. La ville rivalise aujourd’hui avec les plus grands pôles de l’industrie technologique comme Londres, le Japon et la Californie. C’est pourquoi de plus en plus de grandes entreprises décident de s’installer à Montréal. C’est notamment le cas d’Ubisoft, qui fête cette année ses 20 ans dans la métropole.

Selon elle, le secret du savoir-faire québécois réside dans le potentiel créatif des habitants : « Évidemment on produit de très bon designers, mais nos programmeurs, nos ingénieurs, ont quand même une fibre créative. Je ne sais pas comment l’expliquer, je ne sais pas s’il y a quelque chose dans l’eau, si c’est quelque chose qu’on a développé au fil du temps, mais cela ça reste encore de l’ordre mystique, pourquoi on est créatif ici. Le constat est assez flagrant. »

Dans le prochain extrait audio, la directrice générale d’Alliance Numérique, Catherine Émond, compare les atouts numériques québécois aux créateurs et développeurs internationaux:

(Durée: 0:38)

Conversation ouverte avec les facultés de génies

Selon Catherine Émond, le Québec se veut attractif grâce à « ses bonnes écoles, son foyer culturel qui est nourri et son tissu fiscal qui est avantageux », à savoir les crédits d’impôts. En effet, « le tissu fiscal qui est présent au Québec joue beaucoup, mais il ne fait toutefois pas tout le travail tout seul. Ce qui est très propre à la force ici, c’est à la fois la qualité des écoles de génies et de leurs programmes ». Les écoles québécoises travaillent en effet en collaboration avec les piliers de l’industrie : « Il y a une habitude qui s’est créée, que ce soit avec Ubisoft ou d’autres, de garder la conversation ouverte avec les facultés de génies pour s’assurer que les cursus suivent l’évolution technologique. Ainsi, quand on sort de l’université, on est prêt. »

En ce qui concerne l’avenir de l’industrie créative, pour Madame Émond une chose est sûre : « Le multimédia fait maintenant partie de l’ADN économique du Québec ».

Liens :
Montréal Relève
Alliance Numérique
Hub Montréal
Ubisoft

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*