Aux rayons de l’inédit

PAR ALEXIS LAPOINTE

Entretien avec Jean-Louis Roy, nouveau président et directeur général de Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Directeur du Devoir, délégué général du Québec à Paris et secrétaire général de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, autant de fonctions d’envergure qui jalonnent son parcours. Auteur d’une trentaine de livres et expert de l’Afrique, Jean-Louis Roy voit dans la rencontre interculturelle la pierre angulaire de l’avenir du Québec. Le Reporter+ s’est entretenu avec cet intellectuel, au moment où il entreprend son mandat à la tête de BAnQ.

Jean-Louis Roy, président et directeur général de BAnQ

« Une grande maison où les outils de transmission du savoir les plus actuels sont utilisés, où notre savoir part en direction du monde et où le savoir du monde vient à nous », énonce Jean-Louis Roy. À ses yeux, les technologies numériques constituent un puissant vecteur d’avenir pour l’institution et pour sa mission de diffusion. « Notre contribution aux affaires du monde doit s’affirmer, note-t-il. Si quelqu’un en Chine veut lire Gaston Miron ou connaître les œuvres de Paul-Émile Borduas, nous souhaitons qu’il soit en mesure de le faire. »

Échange international

Pour celui qui est historien de formation, l’essor de l’institution passe par l’échange international. « C’est la condition première à l’évolution d’une grande bibliothèque de langue française, dit-il. Une création comme La bibliothèque, la nuit de Robert Lepage, présentée dans différents pays, témoigne bien du potentiel de la Grande Bibliothèque du Québec. »

À son avis, l’institution constitue en elle-même un lieu de rencontre entre les cultures au Québec. « On a des collections dans une multitude de langues, il s’agit d’un espace où circulent les traditions, note le nouveau président de BAnQ. Les jeunes parlent aujourd’hui plusieurs langues et cela ne fait que commencer. »

Édition en mandarin du livre Bienvenue dans le siècle de la diversité – La nouvelle carte culturelle du monde 

Par ailleurs, il rappelle que BAnQ met en ligne des programmes au service des écoles de partout au Québec. Un travail qui s’inscrit dans un mouvement dépassant les frontières. « Le contenu didactique doit pouvoir être accessible partout dans le monde, dit-il. La population africaine pourrait doubler en moins d’un demi-siècle et un tel savoir demeurera essentiel. »

Jean-Louis Roy raconte qu’en tant que secrétaire général de l’Agence intergouvernementale de la Francophonie, il a pris part à des projets de rénovation de bibliothèques nationales dans divers pays de même qu’à la mise en place du réseau des Calacs (Centres de lecture et d’animation culturelle), en Afrique. Autant d’expériences et de relations qu’il compte bien mettre à profit de BAnQ.

Civilisation numérique

« Le numérique, ce n’est pas une nouvelle technologie, c’est une nouvelle civilisation, affirme Jean-Louis Roy. Il s’agit à la fois d’un moteur de communication et d’affirmation culturelle. »

Il souligne que les langues et les cultures africaines y gagnent beaucoup. « Le wolof, le peul ou encore le bambara figurent parmi les langues répertoriées par Google, dit-il. Au Canada, il y a maintenant une réappropriation des langues autochtones. »

Un processus de décolonisation qui passe aussi par la mise de réseau de différents peuples. « Les causes du déclin – comme le manque de ressources ou d’intérêt – ne sont plus aussi déterminantes, affirme le nouveau président de BAnQ. Pour les Nations premières, nous constatons aujourd’hui, que la balance est en train de s’inverser. »

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